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Mercredi 28 mars 2007

Depuis longtemps je voulais répondre à la question que tant d’entre vous se posent : « Mais que fait-elle là-bas, au Cameroun ? Est-ce qu’elle contribue vraiment au « développement durable », terme qui lui est si cher ? »…

 

Je vais commencer par répondre à la deuxième question. Oui, je crois que je contribue vraiment au développement durable. Car le projet sur lequel je travaille est destiné à améliorer le revenu et la nutrition des populations pauvres des villages camerounais. Le PVCOC (pisciculture villageoise rentable du centre et de l’ouest du Cameroun) est un projet monté par une association française qui développe la pisciculture en Afrique tropicale (APDRA-F). Grâce à cette assoc, plus de 800 pisciculteurs se sont déjà installés en Côte d’Ivoire (au bout de 10 ans de projet) et 500 en Guinée (après 6 ans) : l’expérience de l’APDRA-F a donc été démontrée.  Au Cameroun, on travaille en partenariat avec 2 ONG Camerounaises, une à l’Ouest et une au Centre. Notre principal bailleur est l’Union Européenne (elle finance à 75% le projet, sur sa ligne ONG-PVD). Vient ensuite la région Lorraine puis quelques autres asso/organismes.

 

Dans le PVCOC, je suis chargée du suivi-évaluation. A priori, ça ne veut rien dire. Mais en fait, c’est vraiment ça que je fais !

 

Je suis et j’évalue :

-          L’avancée des travaux des « pisciculteurs en devenir ». Ceux-ci sont en train de construire leurs étangs. C’est un boulot très dur. Il s’agit de barrer un cours d’eau dans un bas-fond pour faire un étang de 2000m² au minimum. Ils font cela avec les mains et des outils très rudimentaires seul, en famille, en groupe de travail…

-          L’évolution de la dynamique de groupe de nos pisciculteurs. Lorsqu’ils démarrent le projet, ils ne sont pas en groupe. Progressivement, ils en forme un. On les amène à s’organiser et à se structurer.

-          Le travail des animateurs. Eux passent chaque semaine dans un village pour guider le travail des gens, sur le plan technique surtout. Je regarde s’ils font bien leur travail, s’ils parviennent à bien faire passer les messages aux gens etc.

 

Pour cela, je tiens à jour des outils de suivi-évaluation (comptes-rendus de mission que me remettent les animateurs, enquêtes socio-économiques, fiches de suivi des candidats etc).

 

J’essai d’avoir un œil observateur et de prendre du recul par rapports aux événements tout en ayant une vision globale du projet pour faire des critiques constructives, vérifier que la démarche du projet est bien suivie, que le étapes sont bien respectées afin que le travail s’améliore.

 

L’objectif est bien de lutter contre la pauvreté et de manière durable. Pour cela, nous n’apportons aucun financement ; seulement un appui technique et un suivi régulier. Le but est de rendre autonomes les villageois, de leur transmettre toutes les techniques afin que lorsque le projet se terminera (dans 4 ans), les pisciculteurs soient à même d’enseigner ce qu’ils ont appris à d’autres candidats. Si tout se passe comme nous l’esperons, notre action devrait faire un effet « boule de neige » : on lance les choses, et après, la boule roule toute seule et grossit sans cesse.

 

Les Camerounais sont très friands de poisson. C’est la protéïne de base. Ainsi, les gens sont très motivés par le projet. Ce qu’ils cherchent d’abord, c’est du poisson pour manger. Ensuite pour vendre et améliorer leurs revenus (le poisson, ça peut rapporter 4 fois plus que le cacao ! En plus, pour produire le cacao, on utilise plein de produits chimiques et la terre s’appauvrit avec le temps ; alors que nos étangs sont vraimet naturels, on ne nourrit même pas le poisson, on ne met rien dans l’étang et en plus ça permet d’exploiter les bas-fonds, qui sont souvent inutilisés par les gens et en plus plus, l’étang se bonifie avec le temps et produit de plus en plus ! C’est vraiment un projet PLUS PLUS quoi !).

 

Donc ma semaine se déroule ainsi : le lundi, je suis au bureau. On décortique les comptes-rendus de mission avec les animateurs, on fait le bilan de la semaine écoulée et la programmation de la semaine à venir. Le mardi environ, je pars en brousse et je rejoins un animateur. Je suis son travail et je vais aussi voir les gens pour discuter avec eux, voir leur site etc. Il m’arrive aussi souvent d’animer des réunions, sur un ou plusieurs thèmes. Je passe 2, 3 ou 4 jours dans un village, ça dépend. Je fais alors 1 ou 2 villages par semaine.

 

Voilà, en gros, c’est ça que je fais.

 

J’espère que vous êtes satisfaits de ma réponse !

 

Je vais mettre quelques photos pour illustrer mes propos à ce sujet. Cf rubrique « PVCOC ».

 

par Audrey Sirvente publié dans : audreylacamerounaise
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