Les avancées du PVCOC ?
Est-ce que ça pisciculte à fond au Centre et à l’Ouest du Cameroun ?
Et ta santé, enfin retrouvée ?
Et Noël… ?
Autant de questions que vous me posez…
Alors me revoilà sur mon blog, pour le mettre un peu à jour…
Sachez que oui, le projet progresse. A petits pas, mais ça avance.
Je vous annonce d’ailleurs que ça y est, nous sommes enfin entrés dans l’ère du poisson ! Au PVCOC, on ne parle plus seulement de boue et de piquets, mais de poissons !
A ce jour, au Centre, on travaille avec 166 candidats et environ 70 sont en train de construire leur étang (enlever la boue au niveau de la digue et de la zone de pêche, remblayer la digue, creuser le trop plein et l’étang de service). 3 étangs sont réalisés, plein d’eau et de poissons.
La dynamique du moment est à la construction des systèmes de vidange des étangs (moine et tuyaux passant sous la digue). Les gens font cela avec le ciment qu’ils achètent, et le sable et le gravier qu’ils se procurent (parfois, pour avoir leur gravier, ils cassent à la main des pierres qu’ils ont récupéré à droite et à gauche…), ainsi qu’avec les moules en bois que les pisciculteurs de chaque village ont eux-mêmes construit. Grâce aux formations données, certains sont déjà indépendants dans ce travail. La dynamique est aussi marquée par les remblais de digue : c’est encourageant de voir les digues s’élever ! Je mettrai bientôt des photos sur le blog, c'est promis, afin que vous constatiez par vos propres yeux les avancées des étangs...
Enfin, les poissons commencent à apparaître dans les villages ! Et cela, ça fait vraiment plaisir à tout le monde. Oh… il ne s’agit pas encore de pêches dans les étangs des gens, mais on prépare le terrain. C’est-à-dire que, en ce moment, dans chaque village on prépare un ou deux anciens étangs (cad des étangs qui existaient déjà à notre arrivée, de petites tailles et mal faits…) à devenir, en gros, une pépinière à poissons. Car en attendant que chacun ait son étang de service pour produire ses alevins, il faut bien que les premiers à être prêts puissent avoir des poissons à mettre dans leur étang. On commence à donner les premières formations en sexage (séparation des mâles et des femelles tilapia afin de ne mettre que les mâles en élevage) et donc…. On commence à manger du poisson (le surplus de femelles)!
A mon niveau, je peux enfin dire que j’ai retrouvé la forme (depuis mi-novembre). Ce fut long mais ça y est ! Je retourne donc dans les villages avec ma moto et je recommence à avoir une vie normale (des w-end où on sort au lieu de ne faire que dormir, comme c’était le cas entre septembre et mi-novembre…). J’ai de plus en plus de satisfaction dans mon travail. Car outre le fait que je suis plus à l’aise dans la maîtrise des zones, dans mon rôle dans l’équipe projet et en brousse, ma relation avec les paysans commence à prendre une autre tournure. Ils me voient de moins en moins comme « la blanche » mais de plus en plus comme « Audrey ». Ils me parlent beaucoup plus, et de manière beaucoup plus naturelle. Les langues se délient ! Les regards se libèrent ! Aussi, je comprends mieux ce qu’ils me disent, ce qui se cache derrière leurs mots ou leurs regards. Je pourrais dire que je comprends mieux qui ils sont et pourquoi ils font ce qu’ils font. Toutes les barrières qui sont induites par les préjugés mutuels, conscients et surtout inconscients, commencent à tomber, des deux côtés. Et ça, c’est une de mes plus grandes satisfactions.
Pour les fêtes de fin d’année, j’envisage d’apporter un peu de soleil à quelques personnes dont j’admire le courage dans la lutte pour la vie. Il s’agit de Brigitte et sa famille, dans le village de Bingongog, de Ndolo et ses frères et sœurs et des lepreux de Kutaba. C’est chez Brigitte que j’envisage de passer Noël. Je leur apporterai du riz, du poisson, de l’huile et un peu de vin, des choses qu’on trouve difficilement en brousse... Je vais aussi inviter Ndolo et ses frères et sœurs (orphelins) à un bon repas dans un petit bar-resto. Enfin, je prévois d’aller dans une léproserie que je connais pour leur apporter de quoi améliorer le quotidien en l’occasion de la nouvelle année. Cette léproserie se trouvant à l’Ouest, je n’irai qu’à ma prochaine mission là-bas, en février. Si je vous dis tout ça c’est aussi pour vous inviter, si vous en avez envie, à m’aider à rendre le soleil que je m’efforcerai d’apporter à ces gens un peu plus lumineux… (dans ce cas, envoyez-moi un chèque à l’adresse de mes parents et écrivez-moi).
Une fête de Noël améliorée n’est certes pas durable sur le plan de l’estomac ou des cadeaux matériels mais par contre, ça laisse un souvenir impérissable !
En vous souhaitant à tous de très bonnes fêtes de fin d’année,
Je vous fais à chacun une grosse bise
Audrey